L’actualité remise en perspective chaque samedi, grâce à l’historien Fabrice d’Almeida : l’histoire du 1er-Mai.

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Le 1er mai remonte au XIXe siècle. Et c’est une journée marquée sous le sceau des conflits de travail et des revendications. Tout commence au Etats-Unis. Les ouvriers américains avaient prévu un mouvement commun le 1er mai 1886 pour réclamer la journée de 8 heures. Mais bientôt la répression fait des victimes parmi les militants. Si bien que lors de la réunion internationale des mouvements ouvriers, à Paris en 1889, on décide d’une journée d’action commune. Ce sera le 1er mai pour tous, encore célébré dans plus de 110 pays de nos jours. Avec pour horizon, le dimanche chômé et huit heures de travail par jour.

Mais le 1er mai 1891, une manifestation est réprimée dans le sang. Signe qu’il faudra du temps pour admettre cet événement.

En 1919, la journée devient fériée. Clemenceau, encore chef du gouvernement, dans la crainte d’une contagion bolchevique, adopte la journée de huit heures et le 1er mai chômé. L’entre-deux-guerres et la Libération sont marqués par de grands défilés ouvriers le 1er mai. Au point que même le gouvernement de Vichy ne peut supprimer cette fête. En 1947 une loi fait du 1er mai un jour férié et chômé. Et l’année suivante elle est effectivement appelée Fête du Travail. C’est une grande victoire pour la gauche. Commence alors une sorte de concurrence des légitimités, ce jour-là.

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Déjà en 1949 l’opposition entre fêtes gaulliste et syndicaliste structure deux manifestations différentes. Car le général de Gaulle décide de tenir de grands meeting le 1er mai, autour de son mouvement, le RPF. Comme s’il opposait la France résistante à ceux qu’il nomme les « séparatistes », communistes et syndicalistes. Le général persiste, mais son mouvement se désintègre en 1954. Reste le 1er mai très coloré par le parti communiste qui se finance avec la vente de muguet. Ce muguet qui s’est imposé dès l’entre-deux-guerres. Mais 1954 voit le début de la guerre d’Algérie et le 1er mai ne verra plus de défilé jusqu’en 1968.

Depuis, il s’est tenu sauf pendant le Covid mais son sens reste conflictuel. Ainsi en 2012 trois rassemblements se tiennent. Celui des Le Pen et du FN qui depuis les années 1980 fêtent ce jour-là Jeanne d’Arc. C’est aussi la date du grand meeting de Nicolas Sarkozy au Trocadéro. Et la gauche s’est joint au défilé de la CGT. Chacun fustige la lecture des autres et dénonce une dérive… En fait le 1er mai n’est jamais une journée banale. Il demeure une journée extraordinaire pour tous les travailleurs.

 

Source: www.francetvinfo.fr