En février 2018, le Parlement européen a sondé les citoyens de l’UE sur le sujet du changement d’heure. 80% d’entre eux se sont alors dit pour la fin du changement d’heure. En attendant sa suppression, le double changement d’heure saisonnier de mars (pour le changement d’heure d’été) et d’octobre (pour le changement d’heure d’hiver) se poursuit. Concernant le passage à l’heure d’hiver, c’est chaque année le dernier week-end complet d’octobre que ça se passe, plus exactement dans la nuit du samedi 30 octobre au dimanche 31 octobre. A trois heures du matin, les aiguilles reculent illico d’une heure pour revenir à deux heures du matin. C’est presque de la magie… On gagne alors une heure de plus sous la couette, mais aussi une heure de lumière naturelle en fin de journée. Quant à notre décalage avec le temps universel (T.U., également appelé « temps solaire moyen »), nous gardons de l’avance, mais elle se réduit d’une heure (GMT+1) au lieu de deux (GMT+2, le décalage en vigueur pour l’heure d’été).

Quand et comment a été mis en place le changement d’heure ?

Le changement d’heure a été instauré au sein de plusieurs pays européens dans les années 70. Le prix de l’énergie était alors décuplé par les premiers chocs pétroliers entraînés par l’OPEP. La France a quant à elle adopté la mesure de l’heure d’été en 1976. Objectif : économiser de l’électricité en grappillant une heure de lumière naturelle en plus le soir. Un credo controversé depuis plusieurs décennies à cause des effets négatifs collatéraux du double changement d’heure saisonnier, sans bénéfices suffisants en contrepartie. Les dates de changement d’heure ont été harmonisées dans les 1980 entre les Etats membres de l’UE, pour favoriser la fluidité des communications et des transports entre eux.

S’agit-il du dernier changement d’heure ?

Non seulement le changement d’heure d’hiver 2021 n’est pas le dernier, mais plusieurs autres changements d’heure doivent encore suivre ensuite. Selon la Commission européenne, citée par Le Figaro.fr, la suppression du changement d’heure n’interviendra « sans doute même pas en 2022 ». Hormis le retard induit par la crise sanitaire du Covid, ce qui bloque est l’harmonisation entre les Etats membres. L’Union européenne connaît en effet trois fuseaux horaires aujourd’hui, et la directive de l’UE suggère de laisser chaque Etat choisir de supprimer ou non le changement d’heure, pour ensuite passer soit à l’heure d’hiver soit à l’heure d’été permanente. Ladite directive de l’Union européenne a été validée par le Parlement européen en mars 2019, mais elle doit aussi l’être par le Conseil des ministres (qui unit les représentants des différents États membres de l’UE). C’est là que les négociations patinent. Comme l’a récemment confié au journal Sud Ouest l’eurodéputée EELV Karima Delli, qui chapeaute la réforme à Bruxelles, la situation est « au point mort ».

Quel impact le changement d’heure d’hiver 2021 va-t-il avoir sur notre santé ?

Dixit René Clarisse, chronobiologiste à l’Université François Rabelais de Tours, qui s’est exprimé auprès du Dauphiné Libéré ce 26 octobre, ce décalage d’une heure n’a pas de réelle « incidence » sur nos rythmes biologiques, puisque ces derniers sont en fait bouleversés « à partir d’une différence de 6 heures ».

Quelle est la date du changement d’heure d’hiver 2021 ?

Le changement d’heure d’hiver 2021 a toujours lieu le dernier week-end (complet) d’octobre, à 3 heures du matin dans la nuit du samedi au dimanche. Le prochain passage à l’heure d’hiver aura donc lieu dans la nuit du samedi 30 octobre au dimanche 31 octobre 2021.

Quand et comment s’effectue le passage à l’heure d’hiver ?

Dans la nuit du samedi 30 octobre au dimanche 31 octobre 2021, à 3 heures du matin, il faudra faire revenir les aiguilles de sa vieille montre ou de son horloge ancestrale en arrière d’une heure. Il sera alors 2 heures. Bien évidemment les smartphones comme tous les appareils connectés passeront à l’heure d’hiver automatiquement, sans qu’aucune intervention ne soit nécessaire. La manœuvre nous fera artificiellement gagner une heure de sommeil. Mais nous perdrons également une heure de lumière en fin de journée, en plus du raccourcissement naturel et progressif des journées à l’approche du solstice d’hiver, en décembre.

Quand le changement d’heure prendra-t-il fin ?

Depuis une décision datant de mars 2019, chacun des Etats membres de l’Union européenne peut choisir son heure permanente favorite (autrement dit, celle d’hiver ou celle d’été). Il était prévu que chacun exprime son choix le 1er avril 2020… ce qui n’a pas été fait. C’est ensuite dans leur ensemble ou par groupes d’Etats que les pays de l’UE devaient se coordonner. A partir de là, les pays souhaitant se maintenir en permanence à l’heure d’été auraient dû changer pour la dernière fois d’heure le 28 mars 2021, et ceux qui souhaitaient trancher définitivement pour l’heure d’hiver, ce 31 octobre 2021. Le hic ? En pleine crise sanitaire du Covid-19, le Conseil européen a tout bonnement reporté toute échéance, ne serait-ce que pour évoquer le sujet.

En France, 59 % des votants d’une consultation citoyenne s’étaient déclarés favorables au choix de l’heure d’été comme heure saisonnière permanente. Mais pour que le processus avance, il faut notamment que les pays de l’Union européenne réussissent à harmoniser leur choix d’heure légale. Objectif : éviter l’effet patchwork de fuseaux horaires entre voisins. Or, comme l’a déploré l’eurodéputée EELV Karima Delli, le 26 mars 2021, « plusieurs États d’Europe du Sud ne se montraient pas spécialement favorables à la fin du changement d’heure, à l’inverse de pays d’Europe du Nord. Chacun avait son idée ». En raison du blocage actuel, « il serait extrêmement difficile d’envisager une fin du changement d’heure pour 2022 ou 2023 », concluait-elle.

 

Comment les Français abordent le changement d’heure d’hiver ?

Selon un sondage réalisé par YouGov France « Savez-vous si un changement d’heure va avoir lieu cet hiver ? », 77% des personnes interrogées ont répondu « Oui », 14% « Je ne sais pas » et 9% « Non ». La perspective proche de la fin du changement d’heure saisonnier brouille en effet les pistes. Sur le mécanisme du changement d’heure en lui-même, les Français sont relativement bien informés, puisqu’à l’interrogation « Savez-vous si nous avançons ou reculons d’une heure lors du changement d’heure d’hiver ? Veuillez sélectionner une seule réponse. », 62% d’entre eux ont donné la bonne réponse, autrement dit « Nous reculons d’une heure (à 3 heures du matin il sera 2 heures) ». 25% se sont trompés dans le sens des aiguilles, et 13% « ne savaient pas ».

 

62% des Français savent « que l’on recule d’une heure » lors du passage à l’heure d’hiver

A la question « Allez-vous modifier vos heures de coucher pour vous adapter au changement d’heure ? », la majorité des sondés répond « Non » (62%), parmi lesquels 40% « Probablement pas » et 22% « Certainement pas ». 34% comptent au contraire ajuster leur heure de coucher, parmi lesquels 18% le feront « certainement » et 16% « probablement ». 4% ne savent pas ce qu’il en sera.

Une autre question du sondage soumis par YouGov à son panel après avoir été élaborée par Linternaute.com, était « A terme, dans quelle mesure êtes-vous pour, ou contre, le fait de rester de façon permanente à l’heure d’hiver ? ». 41% des sondés ont répondu « Pour », 40% ont se sont déclarés « Contre ». Le résultat se montre donc très serré. Si l’on affine le verdict, 18% des sondés se disent « totalement pour » rester en permanence à l’heure d’hiver, quand 23% sont « plutôt pour ».

 

41% des sondés sont « pour l’heure d’hiver permanente », 40% « contre »

De l’autre côté, 22% des Français interrogés se disent « totalement contre » l’heure d’hiver permanente, et 18% « plutôt contre ». 19% des interrogés ne savent tout bonnement pas s’ils sont pour ou contre une heure d’hiver toute l’année, autrement dit un décalage permanent d’une heure avec l’heure solaire, contre un décalage de deux heures lorsqu’on est à l’heure d’été. Pour rappel, en mars 2019, une consultation citoyenne menée via le site de l’Assemblée nationale avait pourtant donné un avantage assez net (près de 60%) à l’heure d’été comme heure saisonnière permanente.

 

Changement d’heure d’hiver

Enfin, puisqu’il a pour le moment encore lieu, les Français se sentent-il déprimés par la perspective du changement d’heure d’hiver ? La réponse est « Non » pour la majorité des sondés (61%). Dans le détail des « Non », « 31% » se disent « pas vraiment » déprimés et 30% « pas du tout » déprimés. Le fait que le passage à l’heure d’hiver approche donne en revanche le bourdon à 38% des interrogés, parmi lesquels 11% se disent « très » déprimés à cette idée, et 27% « un peu » déprimés. 1% ne savent quant à eux pas se situer sur cette échelle de la déprime.

 

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